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Téléphonie sur IP: panorama des offres IPBX

 

Les constructeurs de centraux téléphoniques traditionnels ont engagé une conversion définitive à la téléphonie sur IP. Passage en revue des nouvelles offres et de leur spécificité.

Une offre de téléphonie sur IP comprend deux éléménts principaux. Son coeur est constitué par le gestionnaire d’appels, un logiciel tournant sur une plate-forme standard (Intel ou Sun) ou sur un matériel et un système propriétaire. Il pilote les services téléphoniques dont le premier consiste à initialiser les communications. Les téléphones dialoguent ensuite directement entre eux via le réseau IP de l’entreprise. Pour les appels extérieurs, une ou plusieurs passerelles, souvent physiquement intégrées au serveur du gestionnaire d’appels, assurent la sortie vers le réseau public. Enfin, il faut ajouter les téléphones IP.

Sur la base de ce schéma, les constructeurs traditionnels ont d’abord doté leur offre existante de central téléphonique (PBX pour Private Branch eXchange) d’un gestionnaire d’appels IP et d’une connectivité Ethernet, qui en ont fait des produits hybrides permettant une transition progressive pour satisfaire la base installée. Mais une telle polyvalence a un coût qui se justifie de moins en moins au fur et à mesure que la téléphonie sur IP s’affirme comme la voie royale.

En quelques mois, tous ces acteurs ont donc définitivement changer leur stratégie en annonçant des offres entièrement tournées vers l’IP. C’est le cas d’Alcatel qui a lancé, en 2003, OmniPCX Enterprise : une plate-forme matérielle tournant sous Linux. «L’ancienne offre, OmniPCX 4400, est maintenue au catalogue mais sera désormais vendue comme une passerelle», explique William Tranchant, responsable du développement marketing grandes entreprises chez Alcatel.
Une telle media gateway permet de placer sous le contrôle de l’IPBX (Internet Protocol Branch Exchange ou central téléphonique utilisant un réseau IP local ou étendu ), des téléphones classiques situés dans des bâtiments ou sur des sites qui n’ont pas encore migré. Pour les petites entreprises, Alcatel proposait déjà une offre IP baptisé OmniPCX Office, encore hybride dans la mesure où elle conserve la capacité de gérer directement des téléphones classiques.

De son côté, EADS Telecom a renouvelé son offre en 2003 avec une double stratégie. Les NexSpan C, S et L restent des produits hybrides basés sur des systèmes propriétaires. Toutefois, leur gestionnaire d’appels est également disponible sous la forme d’un logiciel sous Windows 2000, synonyme d’un certain effort d’intégration qui le réserve aux grosses configurations.

Ericsson s’est engagé dans la même voie qu’Alcatel et EADS Telecom, mais ne lancera son offre tout IP qu’au troisième trimestre 2004. «Nous allons porter le logiciel de nos PBX de la gamme MD 110 sur une plate-forme PC sous Linux», précise Marc Nackaerts, responsable portfolio Ericsson Entreprise. Cette future plate-forme sera partagée avec le successeur du MD Evolution, qui adresse aujourd’hui la cible des PME.

Le cas de Mitel est particulier. Ce constructeur est uniquement connu en France pour son offre IPBX, malgré une longue histoire dans la téléphonie classique outre-Atlantique et outre-Manche. Sa gamme 3300 ICP peut être qualifiée de tout IP, bien que son système d’exploitation soit un Unix temps réel propriétaire, en l’occurrence VxWorks.

Face à ce mouvement des constructeurs traditionnels, 3Com se voit contraint d’aller encore plus loin. Le constructeur a ainsi annoncé le prochain portage sous Linux de son gestionnaire d’appels, qui était jusque-là sous le contrôle du système VxWorks. Ce constructeur, dont la cible était uniquement les PME, lance en outre le VCX V7000, destiné aux entreprises d’au moins 2000 postes. Son gestionnaire d’appels abandonne la plate-forme matérielle propriétaire au profit d’un serveur standard d’origine Sun tournant sous Solaris, et bientôt sous Linux.

De son côté, Cisco fait le chemin inverse. Il maintient en effet son Call Manager basé sous Windows 2000 et destiné aux moyennes et grandes entreprises. Mais parallèlement, il a lancé fin 2003 un IPBX qui repose sur IOS, son système d’exploitation au coeur de ses équipements réseaux. Cette formule se révèlera économique pour les entreprises possédant des routeurs Cisco relativement récents, puisqu’il leur suffira d’une simple mise à niveau logicielle pour les transformer en gestionnaires d’appels.

Quant aux postes, chaque constructeur fournit sa propre gamme qui sait tirer parti des services téléphoniques (transfert d’appels, conférences, filtrage patron secrétaire, gestion de groupes, etc.), dont certains sont encore propriétaires. Le support des standard H323 et SIP permet d’utiliser des postes d’origines variées, nettement plus économiques. Mais presque tous les constructeurs poussent encore leurs propres protocoles et limitent le rôle de ces deux standards à l’interopérabilité en environnement hétérogène. Même si Alcatel commence à mettre en avant SIP, seul 3Com est, depuis peu, un inconditionnel de ce protocole qu’il juge suffisant pour répondre à la quasi-totalité des besoins des entreprises.

Produit
Constructeur
Système
Type
Capacité
Prix
NBX 100

3Com

VxWorks
IP pur
180 postes
1400 €
SS3 NBX V 5000
VxWorks (bientôt sous Linux)
IP pur
1200 postes
2800 €
VCX V7000
Solaris (bientôt sous Linux)
IP pur
2000 à 20.000 postes
à partir de 15.000 €
OmniPCX Office

Alcatel

Linux
Hybride
6 à 236 postes
120 à 350 € par utilisateur
OmniPCX Enterprise
Linux
IP pur
150 à 5000 postes
185 à 230 € par utilisateur
Call Manager Express

Cisco

IOS
IP pur
Jusqu’à 140 postes
5000 € (sans matériel)
Call Manager
Windows 2000
IP pur
100 à 30.000 postes
6000 € (sans matériel) plus licence incluse dans le coût de chaque téléphone
NeXspan C

EADS Telecom

Propriétaire
Hybride
4 à 12 postes
156 € par poste (pour 12 postes)
NeXspan S
Propriétaire
Hybride
4 à 96 postes
100 € par poste (pour 50 postes)
NeXspan L
Propriétaire
Hybride
4 à 500 postes
90 € par poste (pour 100 postes)
NeXspan Communication Server (offre logicielle et media gateway )
Windows 2000
IP pur
Jusqu’à 1000 postes
60 € par poste, avec un Nexspan S faisant office de media gateway
MD 110

Ericsson

Propriétaire
Hybride
150 à 25.000 postes
à partir de 43.000 € (avec postes)
MD Evolution
Propriétaire
Hybride
10 à 20 postes
2800 à 9000 € (avec postes)
3300 ICP

Mitel

VxWorks
IP pur
Jusqu’à 100, 250 ou 700 postes selon version
5700 € pour 20 postes
15.500 € pour 100 postes

 

Source : http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39137907,00.htm

Huit critères pour choisir entre centrex et IP-PBX

Huit critères pour choisir entre centrex et IP-PBX

Technologie - Synonyme d’hébergement et de mutualisation, le centrex n’a pas encore rencontré le succès, mais les grands opérateurs pourraient changer la donne. Toute PME doit désormais se poser la question du choix entre cette formule et celle de l’IP-PBX.

1 - Pérennité de la solution : les grands opérateurs rassurent

Le marché des centrex IP a été initié par des petits acteurs tels que B3G, IC Telecom, Alter Telecom, Keyyo Business ou Celeste qui, bien qu’ils affirment être en pleine santé, ne peuvent inspirer la même confiance que les grands opérateurs. Ceux-ci sont toutefois arrivés tardivement sur le marché. SFR a lancé son service (http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39373726,00.htm) il y a moins d’un an.

Orange est présent depuis plus de deux ans, mais commence seulement à mettre son offre en avant. « Nous allons élargir son audience en complétant la vente directe par des canaux indirects », signale Guillaume Boudin, responsable du département marketing data chez Orange Business Services.

2 - Taille de l’entreprise : le centrex ne vise que les PME

Contraints par leur taille, les opérateurs historiques de centrex ne visent guère que les PME voire les TPE. « Celles de plus 20 postes ayant l’habitude d’avoir un installateur, se tournent plus volontiers vers un IP-PBX », estime Céline Lazard, directrice marketing de Keyyo Business. Quant à SFR et Orange, ils ne visent guère plus haut, invoquant la culture des grands comptes mais aussi leurs besoins d’intégration avec les applications existantes. « Nous ciblons les PME de 10 à 50 salariés, même si nous avons une demande de la part de quelques grands comptes très décentralisés », affirme ainsi Pierre-Yves Rallet, directeur marketing de SFR Entreprises.

3 - Maîtrise des coûts : le centrex en principe plus transparent

En dessous d’une dizaine de postes, le coût global d’une offre de centrex est intéressant, soit 15 à 40 € par poste et par mois, selon les services et les communications incluses. Au-delà, ce coût rejoint voire dépasse celui d’un IP-PBX. Faute de pouvoir évoquer une économie, les prestataires mettent en avant la maîtrise du budget. Mais cet avantage n’est pas si évident. « Avec un IP-PBX, il est également possible de réaliser un montage financier qui permet d’afficher un coût par poste et par mois », affirme Christophe Courtois, responsable solutions ToIP chez Nextiraone.

4 - Montée en charge : le centrex nourrit des craintes

En principe, une plate-forme mutualisée est plus à même de supporter une montée en charge. Mais à partir d’une certaine taille d’entreprise, le principe même du partage suscite des craintes. « Nous sommes près à nous engager sur des contrats de service de bout en bout », affirme pourtant Guillaume Boudin. Une solution rassurante peut consister à opter pour un IP-PBX dédié mais loué et hébergé au coeur du réseau de l’opérateur - en somme, un centrex dédié. Cette formule est d’ailleurs proposée par certains spécialistes du centrex.

5 - Fonctionnalités : une richesse sensiblement équivalente

Filtrage patron/secrétaire, annuaire, standard mutualisé entre tous les sites, appels en cascade ou musique personnalisée… Les centrex proposent une richesse fonctionnelle proche de celle des IP-PBX. Certains ajoutent également un serveur vocal interactif ou une fonction fax-to-mail (envoi de fax par email).

6 - Fixe/mobile : une convergence plus naturelle avec le centrex

Un service de centrex hébergé par un grand opérateur de téléphonie fixe et mobile est particulièrement bien armé pour proposer la convergence, avec numéro et messagerie uniques, sonnerie simultanée et renvoi d’appels vers le mobile. Le problème c’est que Orange a curieusement fait l’impasse sur une telle convergence. « Nous devrions la proposer début 2009 », promet Guillaume Boudin.

SFR, Ipnotic ou tout récemment IC Telecom ont pourtant déjà franchi le pas. D’autres se contentent de proposer des combinés bimodes Wi-Fi/GSM qui accèdent en réalité à deux lignes différentes. La convergence est beaucoup plus difficile avec un IP-PBX, puisqu’il faut mixer une option logicielle et des offres tarifaires spécifiques pour les communications générées entre l’IP-PBX et les mobiles.

7 - Intégration avec des applications internes : le centrex hors course

Il est aisé de coupler les services d’un IP-PBX avec des applications, typiquement un CRM, afin d’automatiser la remontée des fiches des clients ou de lancer des appels. Avec le centrex, un tel couplage est très difficile, excepté pour une simple intégration avec Outlook. Les prestataires proposent toutefois des logiciels hébergés en mode intranet bénéficiant d’un tel couplage. Il s’agit par exemple d’un annuaire étendu pouvant servir de base de clients ou d’une application de pilotage des fonctions de téléphonie.

8 - Déploiement et maintenance : avantage au centrex

Le centrex est simple à déployer puisqu’il suffit de raccorder le réseau IP de l’entreprise à l’infrastructure de l’opérateur et de connecter des postes au réseau local, même si leur configuration peut prendre du temps.

Outre la plate-forme, le déploiement d’un IP-PBX dans une entreprise multisite sous-tend une problématique de qualité de service du réseau WAN, qui peut se révéler lourde et coûteuse, surtout lorsque les sites sont nombreux et de petite taille.

Le centrex marque alors des points. Quant à la supervision et à la maintenance, elles sont certes externalisées mais peuvent aussi l’être avec un IP-PBX dédié et hébergé.

Par Thierry Lévy-Abégnoli, ZDNet France
source : http://www.zdnet.fr/actualites/it-management/0,3800005311,39383963,00.htm